III. Les seigneurs de Chéreng : Familles Creton, d’Estourmel, de Gaillard, de Rancevillers, de Valy, des Boves, de Bachy, de la Hamaide. |
Marie Creton, dite d’Estourmel, épouse de Wistasse de Hertaing, aurait été dame de Chéreng et d’Espaing en 1300. En l3l9, Pierre de Gaillard, seigneur de Chéreng, reconnaissait par ses lettres que les bourgeois de Lille étaient exempts de tous droits de pontenage, vinage, chaussée et travers du Pont à Tressin. Un demi-siècle plus tard, la seigneurie de Chéreng ou de Montmort était aux mains de la famille de Rancevillers, dont l’héritière avait épousé Gérard de Valy. Le dernier jour de juin de l’an 1376, ce Gérard de VaIy, du chef d’Améline de Rancevillers, sa compagne, servait le rapport et dénombrement du fief de Chéreng sous le nom de Montmort.[1] Après ces deux époux vint un chevalier du nom de Jean des Boves. En 1391, Philippe, duc de Bourgogne et comte de Flandre, mandait au bailli et hommes de fief de la salle de Hile de recevoir le déshéritement fait par Jean des Boves, chevalier, au profit de Jean de Bassy, bourgeois de Tournai, anobli par le roi de France, du fief de Montmort sis en la paroisse de Chéreng.[2] Jean de Bassy fit rapport du fief le 27 février 1407 et le 21 mars 1416, et fit son testament en 1417. Il avait épousé avec laquelle il git en l’église de Saint-Quentin à Tournai. Jean de Bachy, l’anobli, portait pour armes: de gueules ou chef d’or, chargé d’un lion rampant de sable.[3] Il eut de Maigne le Curesse une fille, Marie de Bachy. dame de Chéreng, Haudioncelle, Luchin, etc., qui épousa Thierry, bâtard de La Hamaide, fils naturel de Jean, seigneur de La Hamaide, de Renaix et de Coudé, tué à la bataille d’Azincourt en 1415. La Hamaide, portait d’or à trois hamaides de gueules. Jean de La Hamaide, seigneur de Haudion, Haudioncelle, Mainvault et Chéreng, fils de Thierry et de Marie de Bachy, brisa ses armes au canton dextre, en chef, d’un écusson aux armes de sa mère. Il fut garant d’un traité que Philippe, duc de Bourgogne, fit avec l’évêque d’Utrecht en 1455.[4] Jean fit rapport du fief de Chéreng le 15 mai 1457, acte dans lequel il se qualifie écuyer. Il épousa Marie de Louchier, dame de Luchin qui lui donna trois fils : Jacques, qui suit ; Jean, seigneur de Haudion. Haudioncelle et Mainvault, et Michel, seigneur de Luchin. Jacques de la Hamaide. seigneur de Chéreng, servit avec d’autres seigneurs au magnifique festin que Charles, duc de Bourgogne, donna à Trèves à l’empereur Frédéric. Il s’était allié en 1458 à Michelle de Croix, dite de Drumez, dame de la Vechte, fille de Gautier et de Jeanne Yseulx. Elle lui donna quatre enfants : Jean II, mort sans postérité – il avait fait rapport de la seigneurie, le 20 Juillet 1493 – ; Michel, qui suit ; et deux filles. Michel de la Hamaide, seigneur de Chéreng, eut pour femme Anne de Wingle dont il eut cinq enfants : Jacques, qui suit ; Henri, chanoine à Cambrai ; Marie, épouse de Louis de la Porte, seigneur de Vertain et de La Quièze à Templeuve-en-Pevèle ; Jeanne, alliée à Philippe de Bethencourt ; et Claude, prévôt le Comte à Valenciennes. Jacques II, de la Hamaide, chevalier, seigneur de Chéreng, épousa Marie de Namur, fille du seigneur de Trivières. De cette alliance vinrent Charles qui suit, et Catherine alliée à Louis, seigneur de Saumain et Louvignies-lez-Soignies, chevalier.
Charles de La Hamaide, chevalier, seigneur de Chéreng et de Trivières, gouverneur de Binche, fit foi et hommage pour le fief de Chéreng le 12 mai 1593. Il mourut en décembre 1596, à Binche où il fut inhumé. Il avait épousé Marie de Ulpen, dame de Héripont, qui lui avait donné Charles, qui suit, deux autres fils et quatre filles, dont une mariée à Pierre de Tenremonde, seigneur de Bachy. Celle-ci mourut le 27 octobre 1631 et fut inhumée à Bachy près de son mari. Marie de Ulpen, douairière de Chéreng, mère de sept enfants, obtint du souverain l’autorisation de séparer en plusieurs portions et de vendre les terres qu’elle possédait en Hainaut et dans le Namurois, afin de payer les dettes contractées par feu son époux.[5]
Charles II de la Hamaide, chevalier, seigneur de Chéreng et de Trivières, releva le fief de Chéreng le 27 novembre 1598. Il s’allia à N. de Wils et mourut en avril 1649. C’est tout ce que l’on sait de lui si l’on ajoute qu’il eut un fils qui lui succéda.
Jean III de la Hamaide, chevalier, seigneur de Chéreng et de Trivières, releva le fief de Chéreng le 4 mars 1650. Il avait épousé avant 1636 Marie de Recourt et de Licques, fille de Philippe, baron de Wissekerque et de Jeanne Witthem.[6] Le 4 mai 1658, il passait à Bruxelles un acte relatif aux armoiries du seigneur du Sart.[7] Il mourut en septembre 1668, et c’est au nom de son hérédité jacente qu’on releva le fief, le 16 septembre de l’année suivante.[8]
Cette hérédité se retrouve en la personne d’Adrien-Henri-François de la Hamaide, seigneur de Chéreng, colonel au régiment du prince de Nassau, et en celle de son frère Charles, seigneur de Trivières et de Héripont. Le seigneur de Chéreng eut de sa femme Anne-Marie Renard, une fille, Anne-Marie de la Hamaide, née le 27 mars 1683 et qui épousa, par contrat du 7 septembre 1703, Robert-François du Chastel de la Howardrie, chevalier, seigneur de Boussoit. À cette occasion, Charles de la Hamaide se dessaisit au profit de sa nièce de ses terres et seigneuries de Héripont et Trivières. [1] Archives du Nord, Répertoire des fiefs. [2] Archives du Nord, Chambre des comptes. Inventaire sommaire, B. 4415. [3] Comte du Chastel, notices généalogiques tournaisiennes, Tome 1, Bachy. [4] Duthilleul, Petites histoires, T. II Chéreng. [5] Archives du Nord, Inventaire sommaire, B. 1638; années 1594-l603. [6] P. Anselme, Histoire généalogique de France. [7] Joseph de Saint-Genois, Monumens anciens, III, 340. [8] Arch. du Nord, déclaration des reliefs appartenant aux religieux de Saint-Jean-de-Jérusalem. |