Les lois des 14, 22 décembre 1789 et 4 mars 1790
fixèrent l’organisation municipale de nos communes modernes. Cette
organisation était très compliquée ; elle comprenait : un
conseil général composé des officiers municipaux et d’un nombre de
notables double ; un conseil municipal, un bureau, un maire et un
procureur de la commune.
Avant la Révolution de 1793, les registres des
baptêmes, mariages, sépultures étaient tenus par le clergé Les
registres, dès 1793, furent tenus par des agents de la République, et
les premières signatures sont de Noë1-Joseph Barbieux, qui ajoute
à son nom : maire de Gruson.
En 1793, Noël Barbieux signale que « les
troupes avalisées ont envahi le territoire de Gruson et ont pris les
registres courans ».
En 1794, c’est Louis-François Oudart qui signe
avec les titres suivants : officier public et membre du conseil
général.
En 1811, paraîtra un édit de Napoléon « par
la grâce de Dieu et les constitutions, empereur des Français »
ordonnant de rechercher les naissances de 1793 et 1794, et de légitimer
les mariages.
En 1795, 1796, 1797, les actes sont signés par
Albert-Joseph Stienne, officier de Gruson. Ce Stienne demeurait alors à
la première ferme à droite de la rue Verte, ou est décédée, en mai
1924 Julienne Stien, dernière survivante.
En 1798. c’est Jean-François Huain qui
signe : agent public ; et Louis-Joseph Libert, que nous voyons
apparaître pour la première fois, comme agent public.
A cette époque, les registres sont signés ou bien
par « Philippe Delaval, curé constitutionnel et membre du Conseil
général de la commune de Grusons (sic), district de Lille, département
du Nord, élu pour constater les décès et recevoir les actes
civils » par Noël-Joseph Barbieux, président de la commune de
Gruson, Louis-François Oudart, clerc constitutionnel de Gruson (il signe
le décès d’un Défontaine de la rue Verte), ou par
Jean-François-Joseph Aspelly, curé constitutionnel.
Après la disparition des municipalités cantonales,
la loi du 28 pluviôse an VIII réinstalla les administrations communales.
Les maires, désormais, sont nommés par le Préfet.
Louis-Joseph Libert, né à Ascq en 1756, est
désigné comme premier magistrat de la commune. En 1801, an IX de la
République, il signe les actes d’état civil et autres.
Il sera maire sans interruption jusqu’en 1829,
époque où son fils Jean-Baptiste lui succédera.
Lui-même était né d’Augustin-Joseph Libert et de
Anne-Catherine Rouzé, il était marié à Julie-Félicité Damide. En
1822, il fut nommé électeur de Gruson comme étant le contribuable le
plus imposé, il payait en effet 672 fr. 58, ce qui semble énorme pour l’époque...
Le contribuable le plus imposé de Chéreng ne payait alors que 409 fr.
13. et celui d’Anstaing 375 fr. 71.
Il est décédé, d’après l’acte de sépulture,
le 30 décembre 1829, à Baisieux, à 6 heures du soir et inhumé dans le
cimetière de Gruson par M. l’abbé Delporte qui signe : Vicaire
desservant (d’Anstaing), Pierre-François Decalonne étant clerc
paroissial.
Le 4 mars 1826, M. Louis-Joseph Libert, maire, reçut
du Procureur du Roi Charles X des félicitations pour la parfaite tenue
des registres municipaux. Il avait alors comme garde champêtre Augustin
Dubeaurepaire, âgé de 70 ans. Ce garde est décédé à Gruson, le 28
janvier 1831.
Notons aussi que Gruson eut son centenaire : le
31 août 1803, fut inhumé Marc-Jos Cautheux, âgé de 100 ans !
En janvier 1830, Jean-Baptiste Libert succède
à son père comme maire, à l’âge de 36 ans ; il le sera sans
interruption jusqu’en 1867, c’est-à-dire 38 ans ; il est
décédé à Gruson, le 12 octobre 1867. Il avait épousé, le 13 février
1822, Adèle Duquennoy, fille de J.-B., laboureur à Chéreng et de Sophie
Fruy.
Le 30 décembre 1830, Louis Dutilleul et Auguste
Laréa ont trouvé dans la rivière de la Marque un garçon mort, âgé d’environ
cinq ans et dont l’origine est toujours demeurée inconnue : il fut
inhumé dans le cimetière de Gruson.
En 1832, sous Louis-Philippe, roi des Français,
réclamation est faite auprès du roi à l’effet de rectifier l’orthographe
du nom Coppenolle, écrit de différentes façons depuis 1763, ce qui
donne lieu à des confusions regrettables.