En France, le tempo des mois d’été, entre le temps des moissons et des vendanges, c’est un peu l’agenda
scolaire qui donne le « la ». A la fin de juin s’ouvrent les vacances, avec des déplacements familiaux et
amicaux, à l’intérieur des terres ou au bord de la mer ou en montagne… pour ceux qui le peuvent. C’est aussi
« la vacance » de l’Assemblée Nationale et du Sénat et, si possible, des passions qui fracturent ou mobilisent
nos querelles républicaines… et ce jusqu’au 15 août - 20 août, avant qu’elles ne reviennent dès septembre.
Bref, les deux mois d’été offrent la possibilité de vivre un temps, qui laisse les pensées, la mémoire, notre
désir et notre imaginaire, se détendre, se re-poser. Si nous avons la possibilité de le vivre, ne passons pas à
côté. Nous avons la chance d’être un pays en paix, qui, s’il connait des semaines de canicules, reste privilégié
par rapport à bien d’autres endroits du monde. Et je crois que ce temps du repos est un don qui aère notre
conscience en vue de nous rendre plus créatif dans notre vie fraternelle.
C’est un moment favorable pour rencontrer nos proches ou de nouveaux amis. C’est aussi un temps pour la
lecture. Des œuvres littéraires ou de la poésie. Et pourquoi pas un livre entier de la Bible ?
Le pape François au cours de sa dernière année de vie nous a laissé un petit texte : « Loué soit la lecture ». Je
vous le conseille. Il écrit : «La littérature est la vie qui prend conscience d’elle-même lorsqu’elle atteint la
plénitude de l’expression, en faisant appel à toutes les ressources du langage… La littérature a donc à voir,
d’une manière ou d’une autre, avec ce que chacun désire de la vie, puisqu’elle entre en relation intime avec son
existence concrète, avec ses tensions essentielles, ses désirs et ses significations. »
Un des défis propres à chacun, n’est-ce pas d’écouter ce qui se passe à l’intérieur de notre cœur, de notre
conscience, qui révèle cette partie de nous même tournée vers l’invisible, ce que les anciens appellent l’âme ?
Non pas pour nous enfermer en nous même, mais pour écouter autrement, ce que nous avons durci parfois dans
la précipitation, les épreuves diverses inhérentes à la traversée de la vie.
Ecouter ce qui se murmure en nous, écouter cette partie réceptive de nous-même, que nous fuyons parfois.
Prendre le temps de retrouver notre respiration profonde, marcher sur la terre ou l’herbe mouillée, pieds nus,
goûter la part de gratuité de la vie et rendre grâce.
Prendre le temps de voyager intérieurement pour rencontrer celui qui donne le repos. Ne pas oublier ce bestseller de 1625 ans, « les confessions » de Saint Augustin : « Tu nous a fait pour toi Seigneur et notre cœur
est sans repos tant qu’il ne demeure pas en toi… »
Profiter de ce temps pour lire et relier les deux encycliques, « Dilexit Nos » du pape François et « Magnica
Humanitas » de Léon XIV, invitant à cultiver ce mystère de notre humanité.
Autre lecture enfin, celle de « La cause du Christ » de mon frère prêtre, Benoit de Sinety, pour nous rappeler
que notre identité profonde se révèle dans l’Eglise que rassemble le Christ crucifié. Il n’y a pas de salut sans
la croix, sans la présence de celui qui a traversé nos refus et nos violences, pour nous en délivrer.
Paradoxal repos où quelqu’un - qui a remporté la victoire sur le chemin de la vie véritable - nous attends.
Ghislaine ELOY et Thomas RYCKEBUSCH de L’EAP
Laurent Le Boulc’h, archevêque de Lille, jeudi 25 septembre 2025
Antoine Adam, prêtre modérateur de la paroisse de l’Emmanuel aux confins de la Pévèle
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